L'accident

L’accident

Dimanche 29 Mars: J'ai oublié de changer d'heure, je suis en retard pour le concours d'obstacles à Barbezieux et finalement c'est ma mère qui m'emmènera à Barbezieux. Au départ, on filmait mes copines puis sans qu'on me prévienne, c'était à moi. Je me suis dépêché et j'ai détendu dans la carrière sous les yeux de Xavier. Puis se fut mon tour, je stressais beaucoup comme à chaque concours. La première fois que j'ai sauté le 4ième obstacle, à la réception je me suis pris l'encolure d'élan dans la mâchoire, j'ai attendu 5 minutes et Xavier m'a fait signe de continuer. Puis là, pour le faire avancer, j'ai pressé mes talons sur ses flans pendant le saut. Il a alors levé ses postérieurs et j'ai basculée sur le côté et tombé plat dos.

J'ai sentis deux chocs comme si je rebondissais puis la douleur était tellement insoutenable que je me suis retourné sur le côté gauche. C'est à ce moment que j'ai vu les quatre sabots d'Elan passer à 10 centimètres de moi. Je raconte ça en quelques lignes mais peu de secondes ont suffit pour que ça se réalise. J'ai ressentis une douleur très forte, indescriptible, j'étais paralysé. Je me souviens que je serrais une poignée de sable mouillé très fort dans ma main. Un 1er homme est arrivé lorsque je criais de toute mais forces mais malheureusement pas grand monde m'entendais ; J'étais à bout de force. Plusieurs personnes m'entouraient mais je ne pourrais dire qui c'était. J'apercevais que des pieds puis ma mère m'a pris la main, j'ai aussi reconnue la voix de Virginie, ma monitrice et la propriétaire d'Elan. Je souffrais et n'avais aucun autre mots à la bouche que « j'ai mal » j'ai cru que tout mon dos ainsi que mes cuisses étaient cassées. Ils ont enfin prononcé la phrase que j'attendais : « on va appeler les pompiers ». Cinq minutes après qui me parurent des heures, ils arrivaient.

Les premières questions était « tu peux bouger tes jambes, tes pieds ? » Oui je le pouvais mais ils n'avaient pas l'air rassurés. Ils m'ont portés sur un brancard et ça y était, j'étais partie pour l'hôpital, seule. Le pompier qui m'accompagnait était très gentil, il souriait tout le temps, il était doux et rassurant. Puis, à l'hôpital, j'ai rencontré le docteur Amir Chaban accompagné de ses infirmières. Plusieurs m'ont dit que mon cheval était méchant mais non, moi je disais qu'il était gentil, que je l'aimais toujours. Le docteur avait un accent très prononcé. Il me nommé « princesse Solène ». A un moment, il s'est approché et à dit : « tu sais, dans la vie, on peut être malheureux mais on y trouve toujours une part de bonheur... ». Quant il a dit cette phrase, j'ai fondu en larmes, je ne savais pas encore de quoi il parlait mais maintenant j'ai compris : la paraplégie.

Un mot qui revient à la bouche des gens sans trop de sens. En effet, c'est la paralysie plus ou moins complète des deux membres inférieurs. Oui je suis passée à deux doigts de ce handicape à vie, mais nan je ne me rendrais jamais assez compte de la chance que j'ai eu. Des coïncidences m'ont fait réagir : la première, c'est le fait que j'étais justement en train de lire un livre emprunté à la bibliothèque de mon lycée sur un adolescent paraplégique « regard croisé sur le handicap », puis une seconde, allongée dans mon lit d'hôpital, j'allume la télé et là je tombe sur l'émission e=M6, ils parlaient des problèmes de dos et il y a eu un témoignage d'une jeune femme qui avez fait une chute de cheval et avait eu des vertèbres cassées. Maintenant elle subissait des conséquences. Cela m'a pas mal étonné.

A Poitiers, j'ai dormis une seule nuit seule et j'appelais très souvent les infirmières pour uriner, (ce qui est l'effet des perfusions) ou bien parce que j'avais mal. J'ai très mal dormis. Puis le lendemain mes parents sont venus me voir et ma mère à amené mon frère. Se sera la seule fois que je le verrais me rendre visite. Ma mère avait pris la décision de rester avec moi dormir à l'hôpital et cela n'était pas très contraignant puisqu'elle travaille à Poitiers donc elle a pu les informer rapidement et leur emprunter une voiture.

Je ne la remercierais jamais assez d'être resté, de m'avoir réconforté quand mon moral baissait, d'avoir effectué tous ce que je lui demandais pour la moindre chose, de l'avoir réveillé dans la nuit ou encore de lui imposer ma toilette. Une fois, on m'avait rajouté un produits dans ma perfusion pour la douleur un peu plus fort et quelques heures après, moi qui devait/pouvait rester que immobile sur le dos, j'ai vomis et cela m'a fait redresser d'un coup sur les coudes, ma mère a eu très peur. C'est le premier reflex que j'ai eu. Elle m'a tout de suite recouché et rassuré. Sans elle, je crois que mon séjour aurait été beaucoup plus difficile à supporter. Elle n'a pas été la seule à être présente, il y a eu aussi mes amis qui prenait de mes nouvelles régulièrement voir certains tous les jours. Mon demi-frère, mes grands parents, ma tente s'informaient aussi de mon état de santé. Les infirmières et infirmiers étaient très gentils, à la moindre attention pour leur patient et très souriant. Puis il y a eu la rencontre du chirurgien. Un grand homme au crâne rasé assez jeune (40 ans) portant des lunettes. Il m'a expliqué ou plutôt réexpliqué l'opération et m'a rassuré.

J'ai été opéré mardi. Ils m'ont fait attendre trois jours car il y avait trop d'urgence. Enfin j'allais passer au bloc. On m'y amenait tout naturellement pendant que moi sur ce lit, je tremblais, j'avais peur. L'équipe qui allait m'opéré s'est présentée. A vrai dire cela n'avait pas grande importance pour moi de savoir leurs noms. Il m'a juste dit : maintenant nous allons t'anesthésier. Je l'ais vu injecter le produit à l'autre bout de ma perfusion et à mis un masque à oxygène devant ma bouche. Ma tête à tournée, mais cela n'a duré que quelques secondes et puis plus rien jusqu'à mon réveil. Mon réveil, oui je m'en souviens très bien. Il parait que j'avais trois heures de retard, je leur ais fais un peu peur. J'ai vomis, c'est cela qui m'a réveillée. Je me suis tournée directement sur le côté et j'ai vu une femme qui s'est précipité de me nettoyer... J'étais encore très « à l'ouest », elle a prévenue des hommes qui étaient probablement des médecins et ils sont venus me chercher pour me ramener à mes parents puis à la chambre. J'étais très affaiblie et j'ai dormis toute la journée.

Le lendemain, ça allait mieux, j'étais un peu plus en forme et contente que l'opération se soit bien passée. J'ai rencontré Aurélie une jeune kiné et Claire une étudiante qu'elle prenait sous son aile. Elles voulaient essayer de me lever aujourd'hui. D'abord il fallait m'assoir. Elles m'ont mis sur le côté puis relevé. Non je n'y suis pas resté longtemps je leur ais dis : « j'ai la tête qui tourne » et « pof » c'était finis pour moi, une petit malaise vagal. Elles ont dit : « action » et m'ont tout de suite rallongée. Selon Aurélie c'était tout à fait normal. Elles sont venues 1h30 après pour retenter de me mettre sur pieds. Cette fois elles m'ont assise sans trop de problèmes, puis debout et alors là j'ai eu l'impression de ne plus avoir de jambes et de marcher pour la première fois. Comme si je marchais sur des œufs, tout doucement et des petits pas tout raides. Drôle d'impression. 10 pas ont suffit pour m'essouffler. C'était finit pour aujourd'hui, elle est revenue jeudi. Cette fois, on a dépassé le pas de la porte de ma chambre pour traverser le couloir de l'hôpital et essayer de monter quelques marches d'escalier. Je ne marchais pas très droit mais elle était là pour me soutenir et ça s'est bien passé.

C'était la dernière fois que je la voyais, elle ne reviendrait pas, les jours suivant c'est au côté de ma mère que je marchais. Je pouvais me lever maintenant, aller aux toilettes, manger sur un fauteuil... J'avais tout de même hâte de retourner chez moi, de retrouver mon père et toute ma famille. Il fallait avant faire une radio et un scanner de contrôle. La radio à été assez rapidement libéré contrairement au scanner. Le médecin est venu me dire que je rentrerais Jeudi puis en dépit de mon évolution, ils ont trouvé ça plus sages de me faire rentrer vendredi soir. Le scanner a été fait dans la soirée et les ambulanciers m'ont ramené vers 21h chez moi. Le jeune ambulancier qui m'accompagnait était très gentil mais il parlait peut être un peu trop, mes yeux se fermaient petit à petit. Il a dit qu'il dirait a mon frère de s'occupait de moi mais je crois qu'il n'a pas eu besoin de le prononcer, il l'a fait naturellement. Le week-end j'ai eu beaucoup de visite de mes proches.

La leçon que j'en tirerais ? Je dirais que la vie doit se prendre le plus souvent du bon côté. J'ai souffert, certes, c'était surement une période de ma vie ou j'ai eu le plus mal mais je ne regrette pas d'avoir monté Elan et d'être tombé. Car j'ai rencontré des personnes exceptionnelles et nous parlons souvent des gens cruels qui tuent, violent, volent mais on parle rarement de celles-ci qui exercent un métier admirable. Il consiste à assister les gens mais cela peut créer des liens parfois avec les patients et c'est là que né une complicité agréable pendant notre séjour. J'aimerais enfin, dire merci à tous ces anges...

# Posté le lundi 06 avril 2009 05:47

Modifié le vendredi 22 mai 2009 13:50